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Strategie Nationale

Pour bien saisir la problématique de la corruption en Haïti et les difficultés de poser les jalons d’une stratégie de lutte contre ce fléau, il importe de placer ce mal de société dans le contexte historique du système politique et social haïtien. En effet, la corruption fait partie de l’héritage colonial que les planteurs de Saint Domingue ont légué à leurs esclaves . Le modèle colonial d’enrichissement au détriment de l’économie nationale a été vite reconstruit. Si l’indépendance chèrement acquise n’a pas pu être mise en valeur par les générations subséquentes, c’est que la conception de l’État, que les pères fondateurs de la nation nous ont léguée, constitue la négation même de toute notion saine d’administration et de gestion de la chose publique. Tout un ensemble de pratiques illicites se sont développées dans l’appropriation et la répartition des biens du domaine privé de l’État, lesquelles ont contribué à détourner l’État de sa fonction essentielle de défense et de promotion de l’intérêt général pour le mettre au service d’intérêts privés et mesquins.

Parmi les principales causes de la persistance de ce phénomène on peut citer : les mauvaises conditions de travail au sein de la fonction publique, la centralisation excessive de l’Administration Publique et la lenteur enregistrée dans les prestations de services publics à fournir aux usagers, la non reconnaissance du mérite et la pratique du népotisme, la faiblesse et la dépendance du système judiciaire, l’inapplication des dispositions légales de répression de la corruption, l’impunité, l’absence de transparence dans la gestion des affaires de l’Etat, l’absence de reddition de compte de la part des gestionnaires des deniers publics et la non réglementation de l’accès aux informations publiques.

Aujourd’hui, il est indéniable que la corruption affecte tous les rouages de l’Etat. Elle revêt différentes formes : pot-de-vin, concussion, enrichissement illicite, blanchiment d’argent provenant de crimes économiques, abus de fonctions, trafic d’influence, malversations, fraude fiscale, surfacturation des services à l’Etat, sous facturation des redevances à l’Etat, détournement de fonds népotisme, passation illégale de marché public. Certains de ces faits sont réprimés par la loi pénale. D’autres restent à incriminer. Quelque soit la forme considérée, la corruption constitue un obstacle au développement socio-économique du pays et à l’instauration d’un Etat de droit, mine la confiance du citoyen dans les institutions publiques, projette une image négative du pays à l’extérieur et décourage les investisseurs privés tant nationaux qu’étrangers. Elle fausse les règles du jeu démocratique et de l’économie de marché et elle est coûteuse pour la société.
Pendant que le Gouvernement affiche publiquement sa détermination à éradiquer la corruption, il s’avère plus que jamais indispensable de crédibiliser cette volonté en établissant un cadre référentiel cohérent de lutte contre la corruption, sachant que les mesures et sanctions pratiquées dans ce domaine sont limitées. Profitant de la prise de conscience générale sur la nécessité de lutter contre la corruption, les recommandations et les conclusions formulées aux cours des journées de réflexion organisées par l’ULCC avec différentes administrations, institutions et groupes de la population ont permis de fournir globalement les éléments d’une politique de prévention et de répression de la corruption. Le présent plan stratégique anti-corruption, fruit d’une réflexion entre les secteurs public et privé et la société civile constitue un essai de réponse aux effets de la corruption et s’articule autours des grands points suivants.
1- Contexte
2- Etat de la lutte contre la corruption en Haïti
3- La Stratégie haïtienne de lutte contre la corruption
4- Plan d’actions de lutte contre la corruption.