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Mot de la Directrice Générale

La corruption n’attend pas. Elle s’infiltre, elle s’installe, elle s’institutionnalise — et c’est précisément pourquoi le combat que nous menons à l’ULCC ne saurait souffrir ni pause ni compromis.

Prendre les rênes de cette institution dans le contexte actuel, c’est accepter une responsabilité lourde, lucide et sans illusion. Haïti traverse une période où la corruption ne se cache plus ; elle s’affiche, elle défie, elle paralyse. Les ressources destinées au peuple haïtien continuent d’être détournées au profit de quelques-uns, pendant que la majorité subit dans sa chair les conséquences de cette prédation organisée. Face à cette réalité, le silence serait une complicité. L’inaction, une trahison.

Je sais que ma nomination a suscité des interrogations dans certains secteurs de la société civile et au sein de l’opinion publique. Ces questionnements, je les reçois non pas comme une offense, mais comme une exigence. Une exigence de transparence, de rigueur et de résultats. C’est en effet le propre d’une institution anti-corruption que d’être elle-même soumise au regard critique du public. Je l’accepte pleinement, et j’y vois une raison supplémentaire d’agir avec intégrité absolue.

La confiance ne se décrète pas, elle se mérite. Elle se construit dossier après dossier, décision après décision, dans le respect scrupuleux des procédures et l’indépendance totale vis-à-vis de toute pression, quelle qu’en soit la source. C’est l’engagement que je prends devant le peuple haïtien.

L’ULCC ne peut être crédible que si elle applique à elle-même les exigences qu’elle impose aux autres. Nous ne pouvons pas demander de redevabilité à l’Administration publique si nous ne sommes pas nous-mêmes redevables. Nous ne pouvons pas exiger la transparence des institutions si la nôtre est opaque. Ce principe guidera chacune de mes décisions au sein de cette institution.

Mon mandat s’articulera autour de priorités claires : améliorer les capacités techniques et administratives de l’ULCC, renforcer son indépendance opérationnelle, mener les enquêtes avec rigueur, impartialité et dans le strict respect des procédures, améliorer les mécanismes de dénonciation accessibles à tous les citoyens, tisser des alliances solides avec la société civile, la presse indépendante et les partenaires internationaux engagés dans ce combat, et œuvrer à un changement durable des mentalités et des comportements liés à la corruption, en investissant dans l’éducation à l’intégrité dès le plus jeune âge.

Car oui, ce combat est collectif. Aucune institution, aussi déterminée soit-elle, ne peut vaincre seule un phénomène aussi enraciné. C’est l’ensemble de la société haïtienne, ses femmes et ses hommes, ses jeunes, ses organisations communautaires, ses journalistes, ses professionnels, qui doit s’approprier cette lutte comme une cause nationale.

À toutes celles et tous ceux qui doutent : je ne vous demande pas votre confiance a priori. Je vous demande votre vigilance. Observez, questionnez, interpellez : en toute objectivité. C’est votre droit le plus légitime, et c’est la meilleure garantie que cette institution restera au service du peuple haïtien et non des intérêts particuliers.

L’avenir d’Haïti mérite mieux que la résignation. Il mérite une lutte sans relâche, menée avec courage, méthode et intégrité. C’est à cette tâche que je me consacre entièrement. 

Goethie Varnelle MORENCY
Directrice Générale de l’ULCC

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La corruption n’attend pas. Elle s’infiltre, elle s’installe, elle s’institutionnalise — et c’est précisément pourquoi le combat que nous menons à l’ULCC ne saurait souffrir

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